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Coaching in America par Andres Furger


Traduction : Carin de Moncassin

Dès les années 1900, les Américains fortunés ont cultivé le Coaching en grand arroi, et « le menage à quatre » est toujours pratiqué à un très haut niveau aux Etats-Unis.
L’un des événements les plus remarquables, le week-end de Coaching du Berkshire, qui a lieu tous les deux ans à côté de Stockbridge (MA), réunit à chaque fois une douzaine de coaches arrivant de toute l’Amérique. Les chevaux les plus prisés pour l’occasion sont d’origine allemande, Saxe, Oldenbourg et Hanovre.

Hier et aujourd’hui

L’étincelle pour le Coaching selon le modèle anglais se propage aux Etats-Unis dès 1875 avec la création à New York du Coaching Club.

Pouvait en devenir membre celui qui possédait un Park Drag ou un Road Coach et quatre chevaux qu’il pouvait mener lui-même dans les règles de l’art. Au printemps et à l’automne, on se réunissait pour des « drives » à Central Park à New York, et avec le temps s’ajoutèrent des sorties vers ou à partir des domaines des membres du club.
Aujourd’hui encore, on peut voir ces belles propriétés de familles américaines connues comme les Westinghouse (machines à laver) ou Morgan (Banque) ou Vanderbilt (construction de chemins de fer et bateaux) dans cette jolie partie du Berkshire, à l’ouest du Massachusetts. La région autour de Lennox et Stockbridge, non loin de New York, devint rapidement le terrain d’activités favori et prestigieux de la haute société new-yorkaise pendant les vacances d’été, en particulier pour le menage à quatre chevaux. On sortait seul ou tous ensemble et on se retrouvait dans différents clubs.   

De là l’origine, en 2004, du week-end du Berkshire Coaching, tous les deux ans.

Orleton Farm résidence d’été des familles Stokes et Procter (Procter & Gamble) est le point de rassemblement de cet événement. Mary Stokes Waller et son époux Harvey Waller y vivent avec leurs deux fils et une vingtaine de poneys et chevaux lourds de Saxe.
Ils ont un musée de voitures hippomobiles très intéressant où l’on trouve des Bugatti, récemment décrites dans le journal « Old Times » et quelques voitures du meilleur constructeur américain Brewster, de New York. Toutes sont en état et menées soit par Madame, soit par le maître de maison. Leur fils Ansom mène des voitures à poneys et sonne très bien de la trompe de mail !
Leurs chevaux sont encadrés par Steve Holm, meneur et juge, qui a géré pendant des années l’écurie Rockefeller, près de New York ; il entraîne avec beaucoup de calme et d’adresse des chevaux de Saxe, Hanovriens, Oldenburgers, Wurttembergers.


Lors de ce week-end de Coaching chez les Waller, on sent à chaque foulée la recherche d’une vieille tradition. Ne sont admis, en général, que les Coaches, ou exceptionnellement un Roof-Seat Break ou apparenté. Aujourd’hui comme hier, le côté mondain est particulièrement soigné.
Dès le vendredi soir, le « Whips’Dinner » inaugure les festivités dans une très belle maison ancienne. Ce week-end est devenu, grâce à la merveilleuse hospitalité de ses hôtes, la rencontre la plus élégante des Etats-Unis. Une invitation personnelle à y assister est un grand honneur et les meilleurs équipages sont de la fête, comme a pu le constater début octobre l’auteur de ces lignes, accompagné de M. Andreas Huber, de Ladenburg (Allemagne). Etaient aussi présentes des têtes bien connues, dont les Présidents des Coaching Clubs européens.

On the road   

Le premier jour, notre hôtesse prend la tête de ces superbes attelages, menant un Park Drag construit par Cowlard & Selby (Londres 1890).
Le lendemain, c’est son époux qui mène la colonne avec le Road Coach « Old Times », parfaitement restauré, extérieur et intérieur, aux USA.
C’est le plus connu des Road Coaches publics construit, lui aussi, par Cowlard & Selby en 1886 pour participer à la course Londres-Brighton d’un trait. Le célèbre coachman James Selby avait établi en juin 1888 un record de vitesse entre Londres et Brighton – 108 miles en seulement huit heures à une moyenne de 22,5  kilomètres à l’heure ! Pour réaliser cet exploit, il avait utilisé en relais huit attelages à quatre différents !
Ce Road Coach roule encore magnifiquement sur la route, un peu plus lourd qu’un Park Drag, très confortable grâce à d’excellents ressorts. Comme au bon vieux temps, le garde porte une redingote rouge et la vieille sacoche avec la montre. Tout est marqué « OT » pour « Old Times », les harnais refaits par Freedman (Canada), le seau pour abreuver les chevaux, les couvertures pour les passagers, le sabot comme frein d’appoint, un collier de paille au cas où un cheval se blesse … La plupart des attelages est menée en palonnier de poste.

Qui trouve-t-on à la suite de Mary and Harvey Waller ?

Entre autres, une avocate de New York avec un Road Coach « Excelsior » de Cowlard & Selby (Londres 1891), un membre de la famille Rockefeller avec un Shooting Break de Healey, un entrepreneur en bâtiment du lointain Colorado avec des Kladrubers magnifiques, ou un charmant monsieur marchant avec des béquilles, qui, une fois aux guides se transforme en dynamique jeune meneur !

L’entrepreneur d’origine italienne Luis G. Piancone, de New Jersey, Président du Coaching Club américain, toujours très élégant, attelle des chevaux de sang avec une grande action des genoux à un Road Coach « Tantivy » (Shanks – London 1907) très connu des experts, autrefois mené par le légendaire John M. Seabrook.
Certains meneurs mettent la main à la pâte comme le commissaire-priseur Paul Martin, de Pennsylvanie, avec quatre magnifiques poneys parfaitement adaptés à un mini Park Drag (Brewster – New York). Trois voiture à quatre poneys participent à la sortie.

A 10 heures du matin, départ depuis Orleton Farm, et notre hôte donne tout de suite la cadence, un trot rapide. Devant nous, la police veille à la circulation. Le parcours est ravissant, belles maisons victoriennes bordant la route, magnifiques jardins et parcs, grands vieux arbres, sonneries de trompes de mail (presque toutes les voitures ont leur sonneur, venant quelquefois du Canada !), vrai retour aux années 1900 !A la traversée de Stockbridge et Lennox, les spectateurs applaudissent frénétiquement.

Au bout d’environ 6 miles (10 km), arrivée dans une belle demeure où attendent déjà de nombreux curieux. Les attelages se mettent en ligne pour être jugés par le grand connaisseur qu’est John Richards. Après un concours  de sonneries de trompe, rapide déjeuner sans alcool !
Suivent encore 6 miles pour le retour à la ferme, tout le monde dételle et réception dans une grange pour tous ceux qui sont intéressés …

Haute qualité

Cette rencontre soutient largement la comparaison avec des événements similaires en Europe. Tout y est remarquable, superbes voitures, beaux routiers, chevaux bien mis, fantastiques enthousiastes d’attelage !

Aux Etats-Unis, le côté réceptions et rencontres sociales est plus important qu’en Europe. Il y a une impressionnante hospitalité grâce à laquelle on tisse facilement des liens, on discute, on déguste, on rit, on se crée des amis à l’occasion d’un lunch ou d’un dîner ou pendant le routier…  Et, tout à fait typique, les meneurs américains passent volontiers les guides à leurs invités européens, sont fiers d’avoir chez eux les enthousiastes d’Outre-Atlantique et acceptent volontiers des invitations en Europe !

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